In the World Box au Carré Rondelet à Montpellier

Cet été, In the World Box d’Anne Falcon a célébré sa vingtième représentation au Théâtre du Carré Rondelet à Montpellier. A cette occasion, nous revenons sur le Parcours d’Anne Falcon, jeune metteur en scène. Ci joint l’interview du MIDI LIBRE LUNEL


L’actrice et metteur en scène lunelloise Anne FALCON arrive à Montpellier avec sa pièce « In The World Box ».

En jouant à Montpellier, vous revenez un peu chez vous…

Anne Falcon

Anne Falcon

J’ai toujours vécu à Lunel. Et puis, j’ai continué le théâtre en fac de droit à Montpellier. J’avais envie de jouer ici, car c’est une ville qui a une activité théâtrale intense. Et c’était important pour moi de revenir là où j’ai grandi. Ces racines, c’est ce qui a façonné ce que je suis et qui a façonné cette pièce. C’est aussi rendre hommage à cette pièce que de la jouer là où elle a été inspirée.

Comment passe-t-on de Lunel au Cours Florent à Paris ?

La seule chose qui me fait me sentir vraiment bien et en accord avec moi-même, c’est le théâtre. Ce n’est pas la voie la plus simple mais c’est ce qui me motive et me fait me lever le matin. Du coup, je suis partie à Paris. Il y a beaucoup de chose à voir et de personnes à rencontrer.

Passer d’actrice à metteur en scène, est-ce évident ?

Ce spectacle est venu d’une création, une envie d’écrire sur ce qui m’a motivé à arrêter le travail en entreprise pour me diriger vers la scène. Cette écriture a été complètement libératrice. Je voulais apporter un regard sur la société et le monde du travail en disant : « Voilà la vision que j’en ai, est ce qu’il y a d’autres solutions à celle-là ? » Dans le cadre des Cours Florent, en dernière année, on a la possibilité de monter un travail de fin d’études. La pièce a eu un très bon retour et donc, j’ai décidé de la produire à l’extérieur de l’école. On a joué à Paris, en Bourgogne et puis maintenant, à Montpellier.

Les comédiens sur scène ne sont pas des inconnus pour vous…

En effet, ce sont des acteurs qui sont de la même promotion que moi au Cours Florent.

Cette pièce est donc très personnelle…

Elle est personnelle mais ce n’est pas du tout une autobiographie. Rien à voir avec moi ! C’est plus un ressenti sur ma façon de voir notre société dans les dérives des nouvelles technologies et aussi la dérive dans le monde du travail, avec la mondialisation qui accélère toute notre façon de travailler. Parler aussi des rapports humains dans ce flux de technologies, de pression permanente, où on demande de plus en plus aux personnes d’être efficaces.

D’où est née l’idée de la World Box ?

Les jeux vidéo ont beaucoup nourri mon enfance. Et la World Box est construite comme Tétris. Le principe, c’est qu’on met des cubes en bas et qu’avec le temps, ça s’accélère et il faut continuer, encore et encore. La pièce, c’est un peu ça. Au début, dans la boîte détenue par Monsieur On, les Machumans vivent dans un monde propre, sans déchets, où chacun a sa place, où la différence n’existe pas. Ils obéissent à une norme dictée par Monsieur On en s’adaptant à ce qui est imposé. Certains y arrivent, d’autres ont plus de mal. Le rythme s’accélère, certains s’essoufflent… Et on suit les réactions. La question tourne beaucoup autour de l’humanité : est-ce qu’on est plus humain ou machine ? Car au quotidien, on fait de plus en plus de choses de manière robotisée.

Recueilli par Emilie Bec (17 juin 2016)